Art Place

Place d’art : Ottawa StoryTellers

Laurie Fyffe of Ottawa StoryTellers tells us about her Art Place project on elder abuse.

Négligence envers les aînés : des histoires seront racontées.

Dans le cadre du programme d’artistes en résidence Place d’art, l’initiative Ottawa StoryTellers (OST) en partenariat avec le club Zonta Ottawa réunit des récits illustrant des faits vécus, et ce, auprès de travailleurs sociaux et de bénéficiaires de l’organisme Elder Abuse Ontario. Ces récits sont axés sur divers enjeux liés à la problématique de la négligence envers les aînés de nos collectivités, et sur les situations dans lesquelles se retrouvent parfois ces personnes parmi les plus vulnérables de nos sociétés en tant que victimes de ceux et celles à qui elles s’en remettent pour s’occuper d’elles. Ottawa StoryTellers a réuni une équipe d’intervieweurs, de rédacteurs et de conteurs qui préparent une pièce ainsi qu’un guide de travail qui viseront à aider les gens à mieux partager les histoires qu’ils entendent. On espère ainsi que cette présentation permettra de conscientiser l’auditoire et de favoriser l’engagement des gens, et que le guide pourra servir d’outil d’enseignement et de ressource à l’intention des organismes, des résidences et des centres de soins pour aînés.

La directrice artistique d’Ottawa StoryTellers, Laurie Fyffe, a accepté de nous en dire un peu plus à propos de ce projet

1. Comment Ottawa StoryTellers en est-elle venue à entendre parler des victimes de négligence envers les aînés dans le cadre du projet Place d’art?

OST avait précédemment travaillé en collaboration avec le club Zonta d’Ottawa dans le cadre d’une initiative de rayonnement, en 2012. Nous avions alors été en mesure de mieux connaître l’engagement de ce groupe et son efficacité à cibler et à soutenir le travail à accomplir dans la collectivité. La directrice artistique avait aussi déjà collaboré avec le club Zonta d’Ottawa, si bien que l’association était profitable à tous les points de vue. Nous savions déjà que le club Zonta se concentrait sur les difficultés qui touchent les femmes, et que leur travail était fort efficace. Par ailleurs, il était connu que le club avait à cœur d’aider les femmes dans le domaine des arts. L’idée de recourir à l’art pour exprimer un volet social problématique n’est pas nouvelle pour eux.

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Bref, le club Zonta nous a mis en lien avec les travailleuses sociales Manon Thompson, conseillère régionale pour l’Est ontarien au sein de l’organisme Elder Abuse Ontario, ainsi qu’Alison Timmons, M.S.S., R.S.S., du service d’intervention et d’encadrement pour la négligence envers les aînés au Centre de ressources communautaires de Nepean, Rideau et Osgoode. OST a aussi eu vent de faits vécus par l’entremise de nos conteurs. En effet, quatre des cinq personnes de ce projet ont déjà travaillé auprès des aînés, qu’il s’agisse de leur famille, du réseau de soins palliatifs ou dans le cadre de leur rôle de conteur au sein de la collectivité.

2. Pourquoi la négligence envers les aînés représente-t-elle un enjeu important aux yeux d’Ottawa StoryTellers, et comment avez-vous déniché ces récits?

OST se sert du conte pour traiter de nombreux enjeux sociaux. Nous nous intéressions à l’initiative Place d’art parce que nous y voyions une occasion d’apprendre, d’élargir les horizons, de mettre à profit le conte pour faire valoir un enjeu qui déborde un peu du domaine d’intérêt social de nos membres. En 2014, le club Zonta d’Ottawa a retenu la cause de la négligence envers les aînés parmi ses priorités. Ils ont amorcé le processus en formant leurs membres, en consolidant leur réseau au sein de la collectivité, et en procédant à des activités de financement. OST a donc commencé par discuter avec les membres du club Zonta pour mieux connaître leurs liens avec les gens de la collectivité et ainsi en

apprendre davantage sur cet enjeu. Grâce à ces liens, ces ressources et ces travailleurs, nous avons ensuite commencé à colliger les histoires qui nous touchaient. Tout ce processus s’est déroulé en à peine trois mois, alors qu’il aurait normalement fallu compter une année complète pour y parvenir.

3. Dans quelle mesure le conte représente-t-il une avenue intéressante pour conscientiser les gens au sujet d’une problématique comme la négligence envers les aînés?

Le conte permet de personnaliser la réalité, et les conteurs cherchent à mettre le doigt sur ce qui est au cœur d’un enjeu, d’une problématique sociale qui apparaît peut-être un peu abstraite pour le commun des mortels, et ils en font une réalité personnelle et teintée d’une charge émotive. Plus l’enjeu est personnel, plus les gens sont touchés. Et les émotions engendrent l’action. Nous nous reconnaissons dans les autres, mais il faut d’abord les connaître d’une manière ou d’une autre. Les histoires vraies sont une façon de connaître.

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4. Qu’espérez-vous obtenir comme principaux résultats positifs à l’issue de ce projet?

Nous espérons que les gens assisteront aux représentations de Where are all my beautiful things?, qui seront présentées le 25 février et le 4 juin, et qu’ils en repartiront plus conscientisés et plus réceptifs qu’à leur arrivée. Manon a déjà dit que la négligence envers les aînés est une sorte de crime méconnu, et j’espère que nous réussirons à lever le voile à cet égard. Nous aimerions que les échos de ce projet retentissent bien au-delà de ces histoires particulières qui sont survenues dans la collectivité. Nous voudrions que les gens qui sont témoins d’une telle situation ou d’une telle dynamique impliquant un aîné et une personne de son entourage puissent considérer la chose d’un autre point de vue. Peut-être bien que ce qui semble normal ou même sécuritaire ne l’est pas, finalement. Si nous réussissions à concrétiser une telle chose au terme des représentations de Where are all my beautiful things?, le projet en soi serait un véritable succès.

5. Ottawa StoryTellers souhaite tirer un guide de travail à partir de ce projet. Qu’en est-il au juste?

Nous cherchons un moyen de faire perdurer ces récits. Le guide permettrait plus tard à des gens de se réunir pour lire ces histoires, ou en tirer une représentation. Le guide de travail sera remis aux organismes, aux résidences et aux centres de soins pour aînés, c’est-à-dire là où nos travailleurs sociaux considèrent qu’une intervention au sujet de la négligence envers les aînés est pertinente.

L’objectif de tout cela est de faire de ce guide un outil le plus accessible possible. En plus des récits que nous aurons colligés, le guide contiendra aussi une liste des organismes et des ressources auxquels on peut s’en remettre pour obtenir de plus amples renseignements au sujet de la négligence envers les aînés.

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