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Entretien avec un groupe d’artistes : 3 Blind Brats

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‘Son et Silence’ par 3 Blind Brats

Dates : du 6 janvier au 9 février 2016
Rencontrez les artistes :  le 10 janvier 2016, de 13h à 15h

Galerie AOE
Centre des Arts Shenkman
245, boul. Centrum, bureau 260
Ottawa, (Ontario) K1E 0A1

 

CorinneMorgan_OrangeEarth_mixedmedia2014

Corinne Morgan, Orange Earth, médias mixtes, 2014

Corinne Morgan est née à Terre-Neuve et a grandi en Nouvelle-Écosse. Elle est venue à Ottawa pour poursuivre ses études universitaires en anglais, en beaux-arts et en éducation. Corinne enseigne les arts visuels pour l’Ottawa-Carleton District School Board depuis nombre d’années et adore son travail. Elle défend le maintien des cours d’art dans les écoles et estime qu’ils permettent à tous les élèves de briller. En tant qu’artiste et photographe, Corinne propose surtout des paysages marins ou autres de nature abstraite, réalisés à l’acrylique, entre autres techniques. Elle emploie souvent la couleur de façon inhabituelle, que ce soit pour rendre un sentier discret dans les bois, une mer agitée ou un ciel menaçant. Corinne est membre d’Artistes en techniques mixtes d’Ottawa (OMMA) et du Conseil des Arts AOE. Elle fait aussi partie du collectif 3 Blind Brats.

Jacquie Pinard, Static, acrylic on canvas, 2014

Jacquie Pinard, Static, acrylique sur canvas, 2014

Jacquie Pinard a grandi et étudié à Ottawa. Avant tout une autodidacte à l’imagination fertile, Jacquie a grandi dans une famille sensible aux arts. Elle a suivi des cours de peinture à l’École d’art d’Ottawa, à l’Université d’Ottawa et auprès de Bhat Boy, un artiste local. Forte d’un grade en psychologie et en éducation, et d’un diplôme en travail auprès des enfants et des jeunes, Jacquie se consacre depuis quelques années à son amour pour les arts à titre de conseillère pédagogique en art pour l’Ottawa-Carleton District School Board. Elle occupe maintenant un poste d’enseignante au Centre de traitement pour enfants d’Ottawa (CETO).
Jacquie est membre du Conseil des Arts AOE, de même que de l’École d’art d’Ottawa. Enfin, elle fait partie des nouveaux collectifs Analogous 5 (A5) et 3 Blind Brats.

Oren Frankl, Electrified, acrylic on canvas, 2011

Oren Frankl, Electrified, acrylique sur canvas, 2011


Oren Frankl
est un artiste émergent d’Ottawa. Originaire de Toronto, Oren s’est établi à Ottawa au début des années 2000 afin de faire carrière dans le milieu des affaires. Son art est diamétralement opposé à son travail : Oren évolue dans l’univers des finances, où il fait des analyses, des calculs et de la quantification. Ses peintures lui permettent de s’évader d’un monde conceptuel et transactionnel pour se concentrer davantage sur le présent, remarquer et capter sur le vif des instants significatifs.

1. Depuis quand œuvrez-vous au sein du collectif 3 Blind Brats? Pour vous, quels sont les principaux défis associés au collectif?
C.M. : Le collectif a été créé en 2014. J’ai d’abord rencontré Jacquie dans un atelier, où elle m’a demandé si j’étais intéressée à me joindre à une exposition collective. Et c’est là que j’ai rencontré Oren. Au début, nous espérions nous joindre à quelques autres artistes, mais la coordination n’était pas évidente, alors nous avons décidé de créer 3 Blind Brats. Nous nous intéressons tous au travail des autres, même si nos styles sont assez différents. L’idée derrière l’exposition était de trouver un lien entre nos trois visions.
Trouver le temps de se rencontrer est le plus grand défi d’un collectif, puisque nous avons tous des horaires très chargés.

J.P. : Nous avons lancé 3 Blind Brats l’an dernier, en 2014. J’ai commencé à peindre toutes les semaines avec Oren l’an dernier, et j’ai tellement aimé l’expérience que nous avons décidé de fonder un collectif. À la même période, j’ai rencontré Corinne dans un atelier, et nous nous sommes retrouvées à discuter de notre passion pour la peinture. Plus tard, nous avons décidé de créer un collectif au sein duquel nous pourrions échanger et réunir nos trois styles.
Je dirais que le principal défi quand on évolue au sein d’un collectif est de coordonner nos horaires chargés.

O.F. : Je suis membre du collectif depuis sa création, en 2014. Coordonner nos horaires et aligner nos visions artistiques est le plus grand défi d’un collectif.

2. Que signifie le nom de votre collectif?
C.M. : Nous avons trouvé le nom [3 Blind Brats – trois pestes aveugles, en français, variation sur la comptine « Three Blind Mice » ou « Trois souris aveugles »] en nous inspirant de ce qui convenait à nos personnalités, mais aussi à notre démarche artistique. Nous sommes tous les trois espiègles et nous ne nous prenons pas trop au sérieux. C’est un nom amusant et décalé. Nous suivons aveuglément notre passion pour la création.

O.F. : Le nom se voulait moqueur. « Blind Brats » signifie qu’on ne se prend pas trop au sérieux, mais qu’on est prêt à défendre notre vision artistique. Nous avons du culot, sans pour autant verser dans la fatuité. Un brin d’irrévérence sans suffisance.

3. Comment décririez-vous votre œuvre?
C.M. : Je dirais que mes œuvres sont attendrissantes, énergiques, intuitives, exploratoires, passionnées, texturées et parfois fantaisistes.

J.P. : Mes œuvres expriment mes états d’âme avec beaucoup d’intensité. J’utilise des couleurs vives, des traits larges et de gros points, superposant diverses textures et matériaux. Mes œuvres sont en grande partie inspirées d’aventures de voyage et des gens dans ma vie. Je dirais qu’elles allient réalité et imaginaire.
Je travaille avec l’acrylique, le pastel, la sérigraphie, l’encre et les marqueurs.

O.F. : De par ma personnalité, j’ai tendance à faire une analyse approfondie et à être extrêmement précis. Cela dit, mon processus artistique semble me libérer de ce carcan. En effet, j’ai tendance à créer purement en fonction de mon esthétisme, sans idée ni intention de départ. Les peintures qui résultent de ce processus plus intuitif allient un élément naturel à un autre qui, pour moi, transmet une impression abstraite de paix et de sanctuaire.

4. Avez-vous essayé d’autres techniques que la peinture?
C.M. : Je suis photographe et peintre. Mes photos inspirent souvent mes peintures. Au cours de la dernière année, j’ai transféré mes photos sur le bois, puis ajouté de la peinture et différents médiums acryliques. Actuellement, j’apprends l’encaustique, qui semble convenir tout à fait à ce que je souhaite explorer dans mon art.

J.P. : J’ai essayé le dessin et l’argile, mais je reviens toujours à la peinture. J’aimerais essayer l’encaustique.

O.F. : Je m’intéresse à d’autres techniques traditionnelles comme la peinture à l’huile et l’encaustique. J’aimerais aussi essayer la sculpture et la gravure traditionnelles.

5. Quels concepts utilisez-vous dans votre peinture?
C.M. : Mes œuvres ont surtout trait à la mer ou à la terre. J’ai grandi dans les Maritimes, ce qui a eu une profonde influence sur mon œuvre. Je cherche à exprimer un sentiment, un instant. Par exemple, le sentiment provoqué par une première promenade nocturne dans les bois, ou par l’explosion du soleil à l’horizon, ou encore par le fracas des vagues, voire le silence ou la fièvre d’une tempête de neige.
Pour moi, l’énergie transmise par la terre et l’océan au spectateur est magique, érotique, attendrissante, stressante, excitante et subjuguante.
Quand je peins, je suis très attirée par la couleur et la composition. Ce qui m’emballe le plus, ce sont les choix de couleurs inhabituels. Une partie de mes œuvres sont planifiées : j’ai en tête l’image que je souhaite peindre; d’autres découlent d’une combinaison intuitive de couleurs appliquées au couteau, puis grattées jusqu’à l’apparition du paysage qui s’y cache.

J.P. : Bonne question! Je ne suis pas certaine que mes peintures reposent sur des concepts précis. Je peux décrire le processus comme l’exploration d’une expérience ou d’un état d’esprit précis. Je choisis un point focal pour ma peinture – c’est souvent une partie d’une personne ou d’un paysage. Autour de ce point, j’ajoute de multiples couches et facettes qui représentent le bruit émotionnel complexe qui l’entoure.

O.F. : Je peins habituellement en fonction d’une image que j’ai en tête dont j’apprécie l’esthétisme. Je n’essaie pas intentionnellement de transmettre un message ou un concept avant de commencer le processus. Cela dit, je crois que mon sens de l’esthétisme est nourri par le minimalisme, qui a trait aux grands espaces, à la simplicité et au détachement sensible.

6. Quelles sont les principales influences dans votre art?
C.M. : Enfant, j’ai d’abord été fascinée par l’utilisation que J.M.W. Turner faisait de la lumière et du mouvement, de même que par l’énergie et l’utilisation des couleurs de Van Gogh. Quand j’ai étudié les beaux-arts à l’Université d’Ottawa, je me suis intéressée aux œuvres de Betty Goodwin, de Jean Paul Lemieux et de Mark Rothko. Actuellement, je suis captivée par les œuvres de Simon Addyman et Douglas Fry, de même que par les magnifiques paysages de l’Ottavien David Lidbetter.

J.P. : Ma grand-mère était une artiste et c’est elle qui m’a montré la voie. J’ai passé beaucoup de temps à l’observer peindre. Bhat Boy, artiste ottavien, est ma deuxième grande influence. Il m’a enseigné la peinture pendant quelques années. C’était un prof fantastique, et ses chefs-d’œuvre fantaisistes et créatifs m’ont inspirée.

O.F. : Mon quotidien, un oiseau à ma fenêtre ou une promenade dans la tourbière Mer Bleue. J’ai toujours aimé les impressionnistes, et plus particulièrement Monet.

7. Quels sont les avantages d’être membre du Conseil des Arts AOE?
C.M. : C’est un honneur d’être membre et d’avoir l’occasion d’exposer mes œuvres au Centre des arts Shenkman. Je suis heureuse de pouvoir participer à d’autres expositions et rencontrer d’autres membres du Conseil, en plus de profiter de la promotion qu’il fait de ses artistes.

J.P. : Être membre du Conseil des Arts AOE m’est utile, car j’ai accès aux appels de propositions et aux possibilités de réseautage; le Conseil me fait connaître les ressources et le financement offerts aux artistes et contribue à la visibilité de mes œuvres.

O.F. : Pouvoir exposer mon art dans des lieux publics est le principal avantage. Il est aussi utile d’avoir accès à un réseau d’artistes ayant des intérêts semblables aux miens.

8. Que voulez-vous tirer de votre carrière d’artiste?
C.M. : Eh bien, je crois que j’ai maintenant une vision très nette du type d’art que je veux créer et de ce que je veux explorer. À force de pratiquer son art et, peut-être avec le temps, on a davantage confiance en sa vision, on se soucie moins de la capacité des autres à comprendre ce que l’on veut créer.

J.P. : Je suis arrivée à bien doser ma passion pour la peinture et pour l’enseignement. Au cours de l’année qui vient, je souhaite trouver d’autres occasions d’exposer mes œuvres. Cette exposition est un excellent point de départ.

O.F. : Eh bien, j’aimerais être davantage reconnu comme artiste et représenté dans les galeries locales.

9. Que pouvez-vous nous dire sur l’exposition Son et silence?
C.M. : Notre exposition, Son et silence, fusionne trois visions en un seul fil conducteur : le thème du silence, que l’on trouve dans l’instant immortalisé sur la toile, et le thème du son, rendu par l’expressivité de nos œuvres et notre besoin et désir de créer, parfois avec beaucoup d’intensité.

J.P. : C’est une exploration de nos espaces créatifs… Les images, vibrations et forces qui bougent et interagissent dans ces espaces créent un cheminement et une expression propres à chacun.
Bien que notre style diffère, et parfois de façon marquée, nous nous rejoignons dans notre quête et dans ce que nous essayons d’évoquer dans nos œuvres : les espaces tranquilles, les moments de solitude, qui sont nécessaires à l’expression des idées et des émotions parfois fugaces, parfois d’une grande intensité, qui nous habitent.

O.F. : Notre exposition, Son et silence, se veut l’illustration de la dichotomie présente dans nos œuvres, tant individuellement qu’ensemble. Cette dichotomie réside dans l’expression des émotions et des idées. Elles peuvent être lumineuses et pleines de vivacité. Elles représentent ce qui « circule » en nous. En contraste, elle exprime aussi l’espace (le silence), tant entre ces « véhicules » de la pensée et des sentiments qu’autour de ceux-ci. Ce paysage silencieux fournit le carburant nécessaire à l’approfondissement, à la compréhension et à l’expression de ces expériences plus vivantes.

 

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